Éducation à la non-violence

15.02.16-citation-education-non-violence

Le texte ci-dessous a été extrait de l’article  « Pour en finir avec la mésestime de soi » par Emilie Trevert, qui cite également Dr Gueguen, dans Le Point n° 2394, 19 juillet 2018 :

Les études en neurosciences affectives et sociales démontrent comment le stress de la violence physique (tapes, fessées, etc…) ou le stress de la violence psychologique (cris, menaces, humiliations verbales, etc…) altèrent les neurones dans le cerveau de l’enfant. Le stress diminue le volume de l’hippocampe, structure cérébrale qui permet de mémoriser, d’apprendre et de réguler ses émotions (Martin Teicher, 2014, 2016). La maltraitance émotionnelle sévère chez l’enfant affecte le fonctionnement du cortex orbito-frontal, une structure cérébrale capitale pour notre vie social puisqu’elle permet l’empathie et le sens moral (Anne-Laura van Harmelen, 2014). D’où la prescription du Dr Gueguen : « Il faut absolument arrêter de stresser les enfants ! »

Voir également l’article de Catherine Gueguen Violences éducatives ordinaires : leurs conséquences sur le cerveau de l’enfant

(NDLR. Enfant, la créatrice de ce site a bien eu les ravages mentionnés ci-dessus dans le cerveau. Heureusement le cerveau est plastique et peut se réparer. C’est grâce à la rencontre des personnes bienveillantes, qui ont su l’écouter, et même, l’apprentissage de l’approche Gordon, que son cerveau s’est apaisé et a appris à fonctionner d’une autre façon bienveillante, sans exploser de rage à la moindre contrariété. En plus, c’est mieux pour la sante )

D’où vient le mal dans le monde ?

87 % des parents en France utilisent la violence physique pour éduquer leurs enfants. Ils pensent bien faire d’utiliser la même méthode avec laquelle ils ont été élevés. Ils ont la croyance que c’est vraiment comme cela qu’il faut faire pour bien éduquer ses enfants.

Cependant, cela a été démontré que la méthode coercitif, est à l’origine de beaucoup de comportements d’évitement malsains, de l’angoisse chez les adultes et aussi de la violence dans notre société.
Les neurosciences ont même pu démontrer que la négativité de l’éduction traditionnelle, basé sur la punition, atrophie le cerveau. Car la peur de la punition produit l’hormone de stress cortisol, qui est toxique pour les neurones, et atrophie également l’hippocampe qui gère la mémorisation.

Les parents ne se rendent pas compte que les neurones miroir dans le cerveau de l’enfant fait qu’il recopie leur comportement et le reproduit avec les gens qui l’entourent. C’est ainsi également que la violence éducative passe de génération à génération depuis des millénaires et provoque le mal dans le monde.

À voir sur le site d’Alice Miller (http://www.alice-miller.com/ ) :
· « D’où vient le mal dans le monde et comment se génère-t-il ?« 
· « Pourquoi interdire les punitions corporelles et les autres violences éducatives au sein de la famille est une priorité humaine et de santé publique »

Quand on a rencontré la violence pendant l'enfance, c'est comme une langue maternelle qu'on nous a apprise

La violence se reproduit de génération à génération

Les neurosciences ont justement démontré que le cerveau contient des neurones miroirs : une bébé-fille se prend copie conforme exactement de la même façon que sa mère quand c’est à elle d’allaiter son bébé. Le cerveau retient tout les 3 premières années de l’enfant, ensuite plus sélectivement de 4 à 6 ans.

C’est pour cette raison-là que vous reproduisez automatiquement les mêmes comportements que vos parents quand vous éduquez vos enfants. Vous trouvez par exemple que c’est ‘normal’ d’utiliser la violence pour apprendre à un enfant de ne pas être violent.

Lors d’une étude en Suède (qui a voté une loi contre la violence éducative en 1979), ils ont pu démontrer qu’un enfant éduqué avec la violence par ses parents est 8 fois plus violent qu’un enfant qui ne l’est pas.

Les neurosciences – le cerveau d’un enfant

Un petit enfant a un cerveau immature, c’est à dire son cerveau intellectuel (le cortex) n’est pas encore connecté à ses cerveaux émotionnel (mammalien ou limbique) et ancestral (reptilien). (Cf. la vidéo « Le cerveau dans la main, pour aider les enfants à gérer leurs émotions« ).

Le cerveau intellectuel chez un adulte stock les mémoires conscientes qui aident à réévaluer la situation. Si par exemple, on aperçoit quelque chose par terre et se dit « « Ah, un serpent ! », on sent les poils se redresser, le cœur battre, la respiration se serrer, le ventre se tordre, la sueur dans les mains… Cependant, dans la seconde qui suit, le cerveau intellectuel (plus lent) se met en marche et se souvient des mémoires qui servent à RÉ-ÉVALUER la situation.
Et là, on pourrait se dire « Ah mais non, c’est une branche ! » et on se calme.

Le petit enfant n’a pas cette capacité qui le calme de réévaluer la situation. Il vit les émotions à vif ! Lors d’un trop plein d’émotions (stress, frustrations, déception, émotions épongées des autres, …), cela fait qu’il réagit archaïquement avec la colère (attaque), la peur (fuite) ou l’inhibition (paralysie, fige). Il pourrait alors frapper, mordre, griffer son parent, se rouler par terre, ou devenir étrangement calme, être figé.

Voir la vidéo « Henri Laborit: l’inhibition de l’action« , qui est un extrait du film « Mon oncle d’Amérique« . Elle montre la réaction automatique du cerveau mammalien lors d’une agression qui fait qu’on attaquer celui à son côté. Elle montre également les dégâts corporels causés par le stress.

Donc ce qu’il faut comprendre, l’enfant ne le fait pas exprès quand il se roule parterre. Il ne cherche pas à embêter l’adulte, il n’est pas un tyran, il a juste besoin de beaucoup de compréhension, d’attention pour sa grande immaturité émotionnelle. 

De force d’exposer l’enfant répétitivement au stress, ne pas accueillir ses émotions et être empathique et l’aider d’en parler, l’enfant peut devenir au fond de lui soit agressif, soit apeuré, soit replié sur lui-même.
Notez également que si un enfant a son réservoir affectif bien rempli, cela le rend plus résistant au stress et aux agressions.

La Sénatrice Marie-Pierre de la Gontrie écrit dans le rapport qui a servi de base de travail aux Sénateurs pour la loi relative à l’interdiction des violences éducatives du 10 juillet 2019 :
« Les enfants élevés dans un environnement non violent deviennent, à l’âge adulte, des citoyens pour lesquels la violence n’est pas un mode légitime de résolution de conflits. Il en résulte des rapports sociaux plus apaisés, y compris au sein du couple ou de la famille ».

Il faut donc comprendre que l’inverse est vrai aussi.

Grâce aux neurosciences aujourd’hui, on se rend de plus en plus compte que la méthode « automatique » utilisée par les parents depuis des générations, en fait, depuis des millénaires pour éduquer leurs enfants, est toxique pour l’enfant !

Alors, comment arrêter de stresser les enfants ?

Heureusement, les neurosciences ont également découvert que le cerveau est plastique. Votre cerveau d’aujourd’hui n’est pas le même cerveau que d’hier. On évolue tout au long de sa vie.

Donc, à la place d’une communication habituelle et toxique pour l’enfant, on peut la modifier et la rendre positive et bienveillante, et ainsi agir pour instaurer une relation de confiance et constructive avec son enfant.

Lors de la création de son Atelier Parents en 1962,
Thomas Gordon avait dit
« Pour la tâche la plus importante dans la vie,
éduquer un enfant,
le parent ne reçoit aucune formation dans notre société » .

En appliquant l’approche de communication Gordon en suivant un atelier GORDON PARENT, vous allez rendre vos enfants autonomes, respectueux et non agressifs, vers un quotidien familial plus serein.

Articles et vidéos sur le sujet : 
· articles d’Alice Miller (sur son site) « D’où vient le mal dans le monde et comment se génère-t-il ?« 
et « Pourquoi interdire les punitions corporelles et les autres violences éducatives au sein de la famille est une priorité humaine et de santé publique »
· article « Stop la pression » de Nathalie Reinhardt, fondatrice Les Ateliers Gordon
· vidéo « Mettre fin à la violence éducative » avec Catherine Dumonteil-Kremer sur TV5 Monde
· vidéo « Obéir ou comprendre ? » de Catherine Dumonteil-Kremer avec BD dessiné
· article « Frapper ou crier sur son enfant, c’est le marquer pour longtemps !« 
· article « Parents coercitifs, cerveau plus petit« 
· article « Le ministère lutte contre la maltraitance des enfants« 
· vidéo « Le cerveau dans la main, pour aider les enfants à gérer leurs émotions« 
· vidéo « Henri Laborit: l’inhibition de l’action« 
· le site de l’association StopVEO « Enfance sans violence »
· le site d’Édith Fortin-Muet qui contient beaucoup d’articles sur le sujet

La haîne n'est pas innée... - Mandela